La fin d’année 2025 a fait trembler bien des retraités français. En jeu ? Le sort de leur abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite, un avantage automatique mais souvent mal compris. Après des mois de débats et de rebondissements parlementaires, où en est-on pour l’année 2026 ? Voici un point clair et complet.
Qu’est-ce que l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite ?
Depuis longtemps, les pensions de retraite bénéficient d’un allégement fiscal sous la forme d’un abattement de 10 %. Cela signifie que lorsque vous déclarez vos revenus à l’impôt, une partie de vos pensions est automatiquement déduite avant le calcul.
Concrètement, cet abattement réduit la base imposable et influe sur le revenu fiscal de référence (RFR), un indicateur clé utilisé pour déterminer :
- Le taux de CSG (contribution sociale généralisée)
- La taxe d’habitation sur la résidence principale
- L’éligibilité à certaines aides sociales ou locales
Chaque année, cet abattement est soumis à un plancher et à un plafond. En 2025, à titre d’exemple :
- Plancher : environ 422 € pour une personne, 844 € pour un couple
- Plafond : environ 4 258 € pour un couple
Une tentative de réforme en 2026 a failli tout changer
Dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, le gouvernement a proposé une réforme radicale : remplacer l’abattement proportionnel par une déduction forfaitaire de 2 000 € par personne retraitée.
Objectif affiché : simplifier et mieux répartir la charge entre actifs et retraités. Mais les critiques n’ont pas tardé. Pourquoi ? Parce que ce modèle uniforme faisait des perdants… souvent ceux de la classe moyenne.
Exemples de pertes selon les simulations :
- Pour une pension de 30 000 €/an : une hausse d’impôt d’environ 159 €
- Pour une pension de 36 000 €/an : environ 480 € de plus
Entre 2 500 € et 3 000 € de pension mensuelle, de nombreux retraités auraient vu leur imposition grimper. Le cœur du débat s’est cristallisé autour de cette tranche critique.
Le compromis du Sénat a sauvé l’abattement
Face à la contestation, le Sénat a proposé un compromis pour éviter un choc fiscal injuste. Porté par Jean‑François Husson et Christine Lavarde, ce compromis prévoyait :
- Le maintien total de l’abattement de 10 % pour les pensions inférieures à 3 000 € par mois
- Un abattement plafonné pour les pensions supérieures
Ce compromis a reçu l’appui du ministre de l’Économie, Roland Lescure, comme tentative d’équilibre entre justice fiscale et protection des retraités modestes.
Mais coup de théâtre : à la fin de la navette parlementaire, l’Assemblée nationale choisit de ne rien changer. Pour la déclaration 2026 sur les revenus 2025, l’abattement de 10 % est entièrement maintenu, exactement comme avant.
Déclaration 2026 : que devez-vous vérifier ?
Bonne nouvelle : aucune démarche n’est nécessaire de votre part. L’abattement s’appliquera automatiquement, comme les années précédentes, sur le montant brut de vos pensions.
Mais il y a quand même quelques éléments à surveiller :
- Les montants préremplis dans votre déclaration (corrigez en cas d’erreur)
- Les planchers et plafonds actualisés : à retrouver dans la notice fiscale
Voici deux exemples concrets pour mieux comprendre l’impact :
- Si vous percevez 15 000 € de pension annuelle, le revenu imposable tombe à 13 500 €
- Un couple avec 50 000 € de pension annuelle bénéficiera d’un abattement plafonné, amenant le revenu imposable à environ 45 742 €
Vers une stabilité… temporaire ?
Pour l’instant, les retraités peuvent souffler : l’abattement reste intact. Mais comme chaque automne, les discussions budgétaires pourraient relancer le débat. De nouvelles propositions surgissent parfois au dernier moment, et l’équilibre budgétaire reste fragile.
Il est donc conseillé de rester informé, surtout en fin d’année. Car si 2026 est stable, rien ne garantit que 2027 le sera aussi.
En somme, l’abattement de 10 % est sauvé pour 2026. Un soulagement pour des millions de retraités. Mais une vigilance s’impose, car le sujet n’a pas fini de revenir sur le devant de la scène fiscale.




